C'était hier, autant dire une éternité :
"Si l’on veut réconcilier les citoyens avec la vie politique, il faut aussi un député qui exerce pleinement ses fonctions ? il faut avoir un vrai député c’est à dire un député qui fait son travail parlementaire à l’Assemblée, dans les commissions permanentes, dans son activité pour proposer des lois, dans son action de contrôle du gouvernement, et un député qui, sur le terrain joue son rôle d’intermédiaire entre le pouvoir et le citoyen.
Yves Nicolin ne fait ni l’un ni l’autre.
Il faut dire que ses fonctions de maire de Roanne et de Président de la Communauté d’agglomération ne lui laissent que peu de temps pour exercer un autre mandat.
C’est bien sur toute la question du cumul des mandats qui est en jeu. Nous devons engager la limitation du cumul des mandats à la fois en nombre mais aussi dans le temps. A cet égard le projet que nous devrons ratifier comporte le principe du mandat unique pour les parlementaires ce qui est une bonne chose." (LD devant les militants du parti socialiste pour vendre sa candidature aux dernières élections législatives.)
C'était avant-hier, autant dire une éternité :
"je veux être un Maire disponible à plein temps car le cumul des mandats ou des fonctions éloigne trop les élus de la population. C'est pour cela que je choisis de ne pas postuler à la Présidence de Grand Roanne. C'est un choix délibéré et je soutiendrai la candidature de Christian Avocat. Ensemble nous mènerons une action résolue pour développer notre agglomération en mobilisant toutes ses forces vives." (LD dans sa profession de foi pour vendre sa candidature comme Maire de Roanne.)
"Je veux remercier les 8086 roannaises et roannais qui ont apporté leurs suffrages à l’équipe de « Roanne pour tous » que j’avais l’honneur et le plaisir de conduire. Ils nous ont permis d’arriver en tête et d’obtenir une majorité nette au Conseil Municipal. A toutes celles et tous ceux qui ont fait un autre choix, je veux leur dire qu’avec mon équipe je veux agir dans l’intérêt de tous au-delà des différences politiques. Je veux être un Maire rassembleur. Je serai le Maire de tous les Roannais. J’ai souvent eu l’occasion de l’évoquer, il ne s’agit pas de faire gagner un camp contre un autre mais de proposer une alternative à la gestion municipale qui était en place. Il s’agit de servir et non d’utiliser l’alibi de l’intérêt général et du bien commun pour se servir et servir des ambitions et des carrières personnelles." (LD lors de l'installation du Conseil Municipal lorsqu'elle vendait le "faire de la politique autrement".)
Et aujourd'hui ?
A droite comme à gauche le cynisme règne en maître et seule compte la politique de la gamelle. Combien de fois ai-je entendu : "l'important c'est d'être élu(e), après on fait ce que l'on veut !" Laure Déroche a vendu une autre façon de faire de la politique par opportunisme et intérêts personnels. Lorsque l'on ne détient aucun réferentiel théorique et expérientiel, peut-il en être autrement ? Je ne le crois pas. La politque devient la planche de salut, la vache à lait qu'il faut préserver et entretenir pour assurer sa subsistance. Aucune dignité, aucune conformité aux valeurs déclamées, durer, cumuler pour exister. Et l'équipe ? Outre quelques opportunistes inévitables, femmes et hommes d'ailleurs, les autres, de façon industrielle et murés dans leur silence, avalent des chapeaux et trouvent cela délicieux. Quelle tristesse !
Oscar Wilde écrivait : "Il est important d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit." Manifestement nos rêves n'étaient pas assez grands !
Heureusement, ici et ailleurs, des hommes et des femmes inventent le monde de demain. J'ai la chance de pouvoir accompagner certains d'entre-eux. C'est ce que je relaterai dorénavant dans ce blog.
ADDENDUM du 14 décembre 2011!
Alors là, entourée par "les barons" ! Un seul mot : la nausée !
Journal le Progrès du 14 décembre 2011.

Bonsoir Monsieur CHABRE,
Je partage votre conception de la politique entretenue sur votre Blog.
Je suis consterné par le niveau de tous les politiques qui nous gouvernent et il est bon de dénoncer des comportements inadmissibles.
Je tenais à saluer votre courage!
Bien cordialement
Jérôme
Rédigé par : JL | 26/12/2011 à 21:47
Ne plus écrire et se retirer serait laisser la voie grande ouverte aux profiteurs d'un système qui finira par crouler au détriment du plus grand nombre sous l'effet pervers des ambitions personnelles de quelques-uns.
Pour rester digne, il ne faut pas se faire complice du silence des moutons mais penser que la raison l'emportera.
Amicalement
Rédigé par : Lotariev | 13/12/2011 à 14:38
Il faut du temps pour assimiler cette incroyable capacité de certains à vivre l'incohérence : j'ai de la peine à croire que je me sois à ce point trompé sur le compte de la candidate à la Mairie de Roanne qui serait aujourd’hui candidate à la députation et pourtant... les faits sont là.
J'ai cru au renouvellement des pratiques par la jeunesse de celle qui professait des valeurs qui me sont chères : non cumul des mandats, non attachement au pouvoir afin que la notion de service soit la première et non celle de "se servir", visibilité de la réalité de la différence entre politique de droite et de gauche. Que nenni.
Pour un "vieux" militant ayant toujours donné selon ses forces et très peu reçu hormis l'estime de soi et de quelques proches, ces attitudes restent un mystère.
Tant pour ce qui est de la stratégie qui sous tend de la part de son auteur, que pour ce qui est de l'engouement prolongé, la découverte de l'in-sincérité avérée, de la part des citoyens. Ces derniers pourraient signifier leur désapprobation, leur aspiration à l'éthique, mais non, il y a accoutumance à la rouerie, banalisation des pratiques anti-démocratiques. Lassitude ?
Il se trouve que j'ai pensé que les citoyens avaient une responsabilité vis-à-vis des hommes politiques, de leurs élus, donc des délégués par eux à l’organisation de la vie de la cité : il fait partie de leurs "devoirs" de les protéger des excès suscités par l'exercice déconnectant du pouvoir mal encadré, mal étayé par l'expérience de la réalité vécue par les humains. Je pense aux conséquences de l’exercice d’un pouvoir sans conscience qui comme pour la science serait destructeur d’humanité, mais aussi aux personnes dont je crois qu’elles peuvent être broyées par la machine politique et ses rouages divers et associés.
C’est sans doute parce que, enfant, 12 ans, partageant avec un camarade une chambre d’hôpital lui et moi, nous étions posés, à 12 ans cette question : nous laisserions nous pervertir par l’argent si nous étions… président ? T’en souvient-il, Marc ? Nous étions prudents, pas péremptoires, conscients de la gravité du moment. Je ne suis pas sûr que nous ayons, dans notre jeune sagesse, tranché. Mais la question est restée comme un garde fou le bien nommé. Les Beatles chantaient « Obladi, Oblada ».
Ce qui est à percevoir, est que ces stratégies ne nuisent pas qu’à leurs « victimes », mais aussi à leur auteur : comment vivre avec ces entorses à soi même, et alors que le chemin emprunté entraîne vers le bas ?
Je crois que ce dont à besoin notre contexte, c’est de preuve : « il n’y a pas d’Amour, il n’y a que des preuves d’Amour ». Et en la matière il paraît essentiel de faire la démonstration de l’esprit de service qui surpasse toute autre considération : que les parlementaires, et autres élus bien dotés (je distingue ceux qui assurent l'organisation du quotidien, au plus près du terrain, Conseillers Municipaux et Maires dont il convient par contre d'améliorer le statut) aillent volontairement vers la maîtrise de leurs indemnités, leur réduction, au nom de l’affirmation de la compréhension et du partage des difficultés, limitations et souffrances vécues par leurs concitoyens... et de la décence.
Rédigé par : Serge ALIBERT | 13/12/2011 à 10:20
Je me permets de recopier ici la réponse que j'ai faite à votre article sur le blog de Venividipolitis :
Le message posté ci-dessus par Gilles Chabré me conduit à réagir en tant que responsable d'une association qui veut faire de la politique au sens noble du terme.
Pour nous en effet, la politique ne peut se concevoir comme une fin en soi mais comme un moyen de contribuer au bien-être de nos concitoyens. Par conséquent, je ne peux que partager l'indignation de M. Chabré face à ce qu'il nomme le "cynisme" de la vie politique conduisant à dire que l'important est d'être élu.
Pour autant, en vieux briscard de la vie politique, il me semble vain de jeter aux orties tout engagement sur la base du constat que l'on s'est trompé. C'est en faisant des erreurs qu'on avance. L'abandon du champ politique aux opportunismes de tout poil et aux cyniques conduit à leur reconnaître la légitimité d'occuper cet espace. C'est cette légitimité que je leur dénie, en continuant à défendre la nécessité de porter un projet de développement pour notre région. Dans un contexte troublé, il est clair que les solutions ne pourront pas venir des idéologies et des forces du passé. Il faut trouver et inventer ensemble les voies nouvelles qui permettront de surmonter les défis du XXIème Siècle.
Silvère SAY
Président de la Voix des Roannais
Rédigé par : La Voix des Roannais | 03/12/2011 à 18:28
Oui, Gilles, pour m'être quelque peu impliqué dans la vie politique de mon petit coin de Touraine, j'ai également pu découvrir à quel point le cynisme gouverne l'action politique.
Peu importent les errements, peu importent les silences complices qui ne sont qu'une autre forme de mensonge, de cela il faudrait faire table rase pour s'unir et assurer la victoire du candidat désigné. Nous sommes là dans une acception fort restreinte de la politique, au sens de "Politikè", cet art politique qui se réfère aux luttes de pouvoir et à la gestion de ce dernier. Une conception archaïque désormais et dont je laisse le soin à d'autres d'entretenir les illusions.
Je demeure cependant un citoyen, et je veux continuer à croire que seul le politique, cette fois au sens de "Politeia" http://bit.ly/LePolitique, celui qui concerne la structure et le fonctionnement d'une société, est le seul qui puisse nous permettre d'inventer le monde de demain. Pour cela aussi restons affamés et fous http://bit.ly/SJobsStayFoolish.
Bien à toi,
Jean-Marie
(mercis à Wikipedia et à Steve Jobs)
Rédigé par : jm2 | 03/12/2011 à 10:55