Un livre fut pour moi décisif dans ma compréhension du monde et des sociétés. Ecrit par un Américain, un Bulgare et un Indien, son titre est : "On ne finit pas d'apprendre - Le fossé humain à combler. Pergamon Press - 1979 - 180 pages. J'en livre ici un extrait. Une façon de répondre à celles et ceux qui laissent des commentaires sur ce blog, participant ainsi au débat citoyen et à la production d'une pensée collective.
"En général les sociétés et les individus ont toujours adopté un style d'apprentissage conservateur. continu, interrompu par de brèves périodes d'innovation, très souvent provoquées par le choc d'événements extérieurs. L'apprentissage conservateur constite à acquérir des façons de voir, des méthodes et des règles fixes permettant de faire face à des situations connues qui se reproduisent régulièrement. Il augmente notre aptitude à résoudre des problèmes donnés. C'est le genre d'apprentissage qui est conçu pour entretenir un statu quo ou un mode de vie établi. L'apprentissage conservateur est et restera indispensable au fonctionnement et à la stabilité de toutes les sociétés.
Mais, pour la survie à long terme, plus particulièrement à l'époque où se produisent des troubles, des changements ou des ruptures avec le passé, un autre type d'apprentissage est encore plus nécessaire. C'est le type d'apprentissage qui peut apporter le changement, le renouveau, la restructuration et la reformulation des problèmes - celui que nous appellerons l'apprentissage innovateur.
Tout au long de l'histoire, la formule classique utilisée pour stimuler l'apprentissage innovateur a consisté à compter sur le choc des événements. La pénurie soudaine, le danger, l'adversité, une catastrophe interrompaient le cours de l'apprentissage conservateur et jouaient douloureusement mais efficacement le rôle du maître suprême. Les choses n'ont guère changé, et l'humanité continue à attendre des évènements et de crises capables capables de catalyser ou d'imposer ce type primitif d'apprentissage par le choc. Mais la problématique planétaire fait intervenir au moins un risque nouveau : le choc pourrait être fatal. Cette possibilité, si éloignée soit-elle, montre aussi clairement que possible à quoi tient la crise de l'apprentissage classique : non seulement la confiance placée avant tout en l'apprentissage conservateur bloque la percée de l'apprentissage innovateur, mais encore elle rend l'humanité de plus en plus vulnérable au choc : et dans le conditions actuelles d'incertitude générale, l'apprentissage par le choc est une formule qui mène droit au désastre."

Bon, et bien nous retrouverons nos élus à Ambierle à la Scierie, ce samedi après midi pour rencontrer Baptiste Mylondo et parler du Revenu Inconditionnel, nul doute que le socialisme sera au RDV.
Rédigé par : Serge ALIBERT | 13/07/2011 à 22:05
Dans un premier temps, je voudrais revoir ma copie. J'ai été un peu sec dernièrement, mais j'avoue que ce débat de future intercommunalité me passionne. Je suis souvent dans l'utopie, un peu trop idéaliste, parfois naïf, souvent incomplet pris dans l'engrenage passionnel de ce futur "Roannais" qui m'enthousiasme. Je vois des effondrements en cascade et j'ai le sentiment qu'on nous repropose les mêmes idées qui n'ont jamais fait leurs preuves. Alors je m'énerve tout seul dans mon coin, je déverse mon désaccord.
Dans un second temps, je voudrais dire tout le bien que je pense de votre référence. Tout est très juste mais tellement loin de ce qui se passe en ce moment. Nous avons tous peurs du changement, et nous le subissons souvent. Certains en profitent (cf La stratégie du choc de Naomi Klein) avec par exemple en ce moment la croissance verte. Le changement individuel est important mais s'il n'y a pas le collectif donc le politique, alors le Changement n'ira pas très loin. Et j'ai le sentiment que ce que les élus nous proposent, aussi bien les uns que les autres, c'est toujours la même recette, pour éventuellement faire un gâteau encore plus gros. Alors que comme dit Paul Ariès, c'est la recette qui n'est plus bonne. A nous de l'inventer.
Je ne remets pas en cause le bien fondée de l'une ou l'autre des propositions faites par tel ou tel élu pour telle ou telle intercommunalité. Mais je reste méfiant et ne vois que copie de copie, laquelle nous a menée là où nous en sommes, c'est-à-dire devant un effondrement écologique.
Rédigé par : nicolaS | 04/07/2011 à 22:37