Un édito pour saluer un homme courageux. Il y a plusieurs semaines un ami de longue date m’a fait rencontrer le Président du Medef Roannais. Je crois pouvoir écrire que le courant est tout de suite passé entre nous. L’un et l’autre nous avons osé et osons vivre notre vie. Nous n’avons pas toujours réussi ce que nous avons entrepris mais nous avons entrepris. Et, entreprendre est au coeur du sens que nous donnons à nos vies. Plus encore, nous pensons l’un et l’autre qu’il y a une rupture culturelle entre celles et ceux dont le salaire est automatiquement versé le 25 de chaque mois et celles et ceux qui doivent aller le chercher sur le marché. C’est en cela, notamment, que nous sommes l’un et l’autre si prudents à l’encontre des hommes et des femmes politiques ! Et, au-delà de ces accords fondamentaux, je voudrais rendre hommage au coup de gueule qu’il vient de rendre public dans les journaux locaux. En effet ne supportant plus
“les excès du grand patronat et les parachutes dorés”, il a souhaité livrer son point de
vue. Aussi a-t-il rappelé quelques chiffres que l’on oublie trop vite. 92,97 % des entreprises ont moins de 9 salariés et 95,90 % se situent entre 10 et 49 salariés. Ce patronat-ci n’a rien avoir avec la patronat des entreprises du CAC 40. Patronat qui n’a rien risqué, issu souvent des plus grandes écoles de la République et pour lequel, entreprendre est un terme abstrait ! En moyenne les patrons français gagnent entre 4000 et 4500 euros. Cette rémunération est-elle exagérée ? Et que dire si on la rapporte au nombre d’heures travaillées chaque mois ? Le Président du MEDEF local a publié sa fiche de paye : il perçoit 2632 euros par mois ! Cette rémunération est-elle exagérée ? Certes, les esprits chagrins mettront en avant que l’entreprise elle-même représente un capital dont il bénéficiera à son départ, s’il parvient à la céder. Oui et alors ?
N’est-ce pas le juste retour lorsque l’on ose entreprendre ? Le débat n’est pas clos !
Bernard Gabert : chapeau bas pour ce que vous avez osé dire !
Mon cher Gilles.
Si je peux partager un bon nombre de propos de ce que tu relates, je trouve dommage, et pour ma part inutile d'opposer une nouvelles fois ceux qui ont un salaire fixe et ceux qui sont obliger d'aller le chercher. Il n'y a pas de secteur privé fort sans un service public efficace qui permet lui notamment de disposer d'infrastructures, qu'elles soient sociales ou d'aménagement qui garantissent à tous un accès à l'éducation, à la formation, à la culture,...etc. Le vrai problème que pose ton billet c'est effectivement les rémunérations extravagantes et indécentes d'une minorité qui en plus nous ont mis dans une situation économique plus que dramatique. Les petits patrons en souffrent, leur salariés , mais également tous ceux qui au quotidien travaillent à ce notre société marche sur la tête, dans les école, la police, les hôpitaux... Il est également très difficile pour ces personnes dont la paie tombe tous les 25 du mois de travailler au mieux alors que les moyens ne cesse de diminuer. Pour être aujourd'hui dans cette double situation d'avoir ma paie au fin de mois, et de me battre pour que les membres de mon équipe puisse touché la leur à la fin du mois, je pense sincèrement que rien n'est simple. Une chose l'est c'est de mettre à bas une société qui favorise l'argent facile d'une minorité, qui fait payer ses jeux dangereux à des personnes aussi divers que le patron d'une PME, l'enfant qui en Afrique ou a Haïti n'a plus rien à manger.
Rédigé par : Jacques Houdremont | 21/04/2009 à 19:04