J’étais cet été au Québec. J'y retourne chaque fois avec plaisir. D’abord parce que c’est l’occasion de raviver un compagnonnage avec Denys Lamontagne, le fondateur de Thot-cursus que j’ai connu virtuellement avant de le connaître en chair et en os. Et internet ne serait pas un vecteur de lien social ? Raviver un compagnonnage qui m’aura conduit dans un endroit où seule la nature avait le droit de cité avant que n’arrivent ses plus vils prédateurs : l’homme et sa modernité vrombissante. Van Bruyssel est un havre de paix pour qui la cherche. C’est un endroit hors du temps que les fantômes d’un temps pas si lointain continuent à hanter. Un temps d’autrefois où le domaine de Van Bruyssel, du nom de son fondateur, était une florissante entreprise forestière. Au sein de la forêt a été construit de toute pièce un village comprenant jusqu’à son bureau de poste. Il reste de cette gloire passée de magnifiques demeures qu’un esthète éclairé réhabilite patiemment ; tente d’entretenir serait plus juste. Car comment faire face, seul, sans eau ni électricité, à l’usure du temps et aux rudesses d’un climat qui ne respecte rien et met à rudes épreuves ces cathédrales de bois que la communauté Van Bruyssel avaient érigées ?
Magnifiques bâtisses encore sauvegardées mais qui, d’année en année, perdent de leur lustre et de leur splendeur. Comment pourrait-il en être autrement ? La volonté et l’énergie d’un homme peuvent beaucoup certes, mais là le défi est immense, le relever paraît insensé. Pourtant, comme l’écrit Jean Larivière sur sont site : “la sauvegarde et la mise en valeur historique des lieux auront permis et justifié le maintien jusqu'à ce jour de ce toponyme dans nos atlas et cartes routières officielles, rappelant ainsi à nos concitoyens le prodigieux travail de ces "réveilleurs d'énergies" qui furent à l'origine de l'occupation et du développement
de vastes superficies du territoire québécois.”

Commentaires