07/16/2008

Le synergéticien

A Antananarivo Vendredi dernier (12/07/08) Emmanuel FAUROUX, célèbre anthropologue français, a reveillé en moi quelques souvenirs? Je lui ai fait état des modestes conclusions de ma thèse soutenue il y a 20 ans et dans laquelle j'avançais qu'en matière de développement, on avait besoin d'hommes et de femmes du troisième type : les synergéticiens. Intéressé il m'a demandé de lui préciser ce que recouvrait ce terme. Alors, allons y : "le synergéticien doit tour à tour être un producteur, en ce sens qu'il doit être capable de produire des biens et des services, formateur, capable de transmettre des savoir-faire, orienteur, capable d'orienter des individus ou des groupes à formuler des projets, intervenant capable de conduire des expérimentations. il doit surtout être capable de fédérer, sur des objectifs déterminés, les compétences des dispositifs intervenants ( financiers, formatifs, politiques...) et les ressources propres de la micro-région considérée."

C'est ce que j'écrivais il y a 20 ans. Aujourd'hui j'écrirais qu'il doit être un maïeuticien, capable de faire accoucher des individus ou/et des groupes du meilleur d'eux-mêmes et un fédérateur d'énergies, capable, par sa médiation, de faire travailler des énergies contraires.

Je suis convaincu qu'il n'existe pas d'école aujourd'hui qui forme à ce métier. Dans les territoires du Nord comme dans ceux Sud on en aurait pourtant tant besoin !

Edito N°38 - Juillet 2008

Depuis plus de 20 ans, un livre m’accompagne. Je crois que toutes les semaines je le parcours. Je vais picorer quelques vers qui vont comme toujours me plonger dans un abîme de réflexions. Ils vont m’émouvoir et je vais me laisser me submerger par un flot d’émotions contradictoires. La poésie est vraiment la forme la plus aboutie de la pensée. Alors, ce livre ? C’est celui d’Henri Michaux - Poteaux d’angle. Cet ouvrage m’a été offert par une personne qui a beaucoup compté dans ma vie. Directeur de la MJC la Croix des oiseaux à Avignon, Paul Blanc m’a réconcilié avec l’expression culturelle. Paul avait compris avant tout le monde que la culture pouvait être, dans les quartiers, un levier d’espérance pour ceux qui n’y ont pas accès. Il faudra bien qu’un jour la ville d’Avignon rende hommage à ce précurseur ! Alors pour l’été quelques passages ce livre ?

"Si affaissé, brimé, si fini que tu sois, demande-toi régulièrement - et irrégulièrement - Qu'est-ce qu'aujourd'hui je peux encore risquer" !"

"Les peurs, les appréhensions, les soucis, la mélancolie, les tendresses, les émotions inexprimables, les arbres, pourvu qu'il y ait un souffle de vent, savent les accompagner. Le précieux, le véritablement précieux est distribué sans le savoir et reçu sans contrepartie."

"Une chose indispensable : avoir de la place. Sans la place, pas de bienveillance. Pas de tolérance, pas de... et pas de... Quand la place manque, un seul sentiment, bien connu, et l'exaspération qui en est l'insuffisante issue. Avec plus d'espace, tu peux avoir plus de sentiments, plus variés. Pourquoi dans ce cas t'en priver ?"

06/24/2008

Les illusions des cathédrales numériques

Hier, je visitais sur mon territoire d'origine, une cathédrale dédiée au multimédia. Des milliers de m2 aux branchements les plus sophistiqués, aux vitesses de connexion les plus performantes, aux chambres froides bourrées de capteur pour abriter les serveurs...etc. Et bien évidemment des halls vitrés pour permettre à tous les créateurs d'entreprises de bénéficier d'un emplacement de rêve en pleine nature. Ça se nomme un technopôle. Où sont les créateurs d'entreprise qui devaient s'y bousculer ? Quand les élus comprendront-ils qu'il faut arrêter la pensée magique en matière de TIC comme en bien d'autres domaines ! Comme s'il suffisait d'ériger des cathédrale et des églises pour que les fidèles se précipitent !

Deux veilleurs

Il y a des personnes qui veillent et qui guettent pour nous à propos des Technologies de l'Information et de la Communication. Qui expriment également une vision des hommes et du monde que je partage. Leurs blogs sont à visiter : Jacques Houdremont et Guy Pastre/

06/19/2008

Roanne terre de l'économie sociale

Comme l'écrivait Henri de Saint Simon : "nos enfant croiront avoir de l'imagination. ils n'auront que des réminiscences."

Roanne a été le creuset de nombreuses initiatives qui l’inscrivent dans une tradition séculaire de l’économie sociale.

- Roanne est la ville de Jean-Pierre Beluze cet ouvrier menuisier et gendre d'Etienne Cabet qui a été à l'origine du crédit populaire,
- Roanne est la ville d'Henri Desroche l'auteur du projet coopératif fondateur des Collèges Coopératifs et de l'Université Coopérative Internationale. Henri Desroche qui a été fait citoyen d’honneur de la ville de Roanne. Henri Desroche dont une des rues de Roanne porte le nom.
- Plus encore, Roanne est la terre de multiples initiatives d'économie sociale. La plus ancienne est peut-être la solidarité : boulangerie, épicerie, mercerie créée en 1872 dont le siège était au 86 de la rue de Clermont et dont le cinquantenaire a été fêté en 1922.
Oui, le Pays Roannais est une terre traditionnelle de l'entrepreneuriat solidaire.

La nécessité de l'utopie

"Henri Lefebvre a publié son fameux livre Hegel, Marx, Nietzsche ou le royaume de l'ombre au milieu des années 70. Un journaliste de Radio France l'interroge : "je ne voudrais pas pas vous vexer... mais on dit de vous que vous êtes un utopiste..." Et Lefebvre de répondre : "Au contraire... vous m'honorez... Je revendique cette qualité. Ceux qui pensent arrêter leur regard sur l'horizon et se bornent à regarder ce qu'on voit, ceux qui revendiquent le pragmatisme et tentent de faire seulement avec ce qu'on a, n'ont aucune chance de changer le monde... Seuls ceux qui regardent vers ce que l'on ne voit pas, ceux qui regardent au-delà de l'horizon sont réalistes. Ceux-là ont une chance de changer le monde... L'utopie c'est ce qui est au-delà de l'horizon. Notre raison analytique sait avec précision ce que nous ne voulons pas, ce qu'il faut absolument changer... Mais ce qui doit venir, ce que nous voulons, le monde totalement autre, nouveau, seul notre regard intérieur, seule l'utopie en nous, nous le montrent. (...) La raison analytique est un carcan... L'utopie est le bélier." In Jean Ziegler - L'empire de la honte - Le livre de poche - 2007 - 344 pages.

Nouvelle mission

Le nouveau Maire de Roanne, Mairesse plutôt, comme le diraient nos cousins Québecois, m'a sollicité pour travailler avec elle. J'ai donc accepté d'intégrer le cabinet de Laure Derocheà raison de deux jours par semaine. Je ne veux pas arrêter mon travail de consultant. Je pense d'ailleurs que le travail que j'effectue comme consultant pourra être utile dans cette nouvelle mission. J'ai accepté parce que d'une part, j'ai accompagné la nouvelle équipe lors de la campagne municipale et que, d'autre part, à 47 ans, c'est le moment où jamais de mettre "les mains dans le cambouis".

Edito N°37 - Juin 2008

Lors d’une mission récente à Madagascar, j’avais emporté avec moi le livre de Jean Ziegler : l’empire de la honte. Ce livre a été un choc. La conjonction d’une mission dans l’un des pays les plus pauvres du monde et la lecture de cet ouvrage a provoqué chez moi une montée d’indignation comme je n’en avais jamais connu me semble-t-il. Comment ne pas hurler et se révolter lorsque Jean Ziegler affirme :
“Les cinq cents plus puissantes sociétés capitalistes privées transcontinentales du monde - dans l’industrie, le commerce, les services, la banque - contrôlaient en 2006, 52 % du produit national brut : en clair, plus de la moitié de toutes les richesses produites en une année sur notre planète. Oui, la faim, la misère, l’écrasement des pauvres sont plus effroyables que jamais.” (P.26)
“En ce début de de III ème millénaire la misère a atteint un niveau plus effroyable qu’à aucune autre époque de l’histoire. C’est ainsi que plus de 10 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de sous alimentation, d’épidémies, de pollution des eaux et d’insalubrité. 50 % de ces décès interviennent dans les six pays les plus pauvres de la planète. 42 % des pays du Sud abritent 90 % des victimes. Ces enfants ne sont pas détruits par un manque objectif de biens, mais par une inégale distribution de ceux-ci. Donc par un manque artificiel.” (P.48)
“La planète compte aujourd’hui plus de 1,8 milliard d’êtres humains végétant dans le
dénuement extrême avec moins d’un dollar par jour, tandis que 1% des habitants les plus
riches gagnent autant d’argent que 57 % des personnes les plus pauvres de la terre.” (P.49)

Achetez, lisez, offrez le livre de Jean Ziegler autour de vous. Il y a urgence.

05/21/2008

Edito N°36- Mai 2008

“La beauté est dans la rue - Nous sommes tous des juifs et des allemands - Nous sommes tous indésirables - A bas la société spectaculaire marchande - Le pouvoir aux conseils de travailleurs - Abolition de la société de classe - L’état c’est chacun de nous - Révolution culturelle contre une société de robots - Bourgeois, vous n’avez rien compris - Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes - Ne vous laissez pas chatouiller par les démagogues - Non à la bureaucratie - Brisons les vieux engrenages - 1936 : semaine des 40 heures, 1968, semaine des 48 heures, 2000 semaine des 56 heures - La police s’affiche aux beaux arts, les beaux arts affichent dans la rue - L’art au service du peuple - Halte au chômage 1.000.000 de sans travail - Travailleurs actifs et chômeurs tous unis - Fascisme dernier visage du Gaullisme - Non à l’Etat policier - Où Fouchet passe, la pègre pousse - CRSSS - Prenez des vacances, la repreSSion n’en prend pas - 14 Juillet 68, la France embastillée - Contre la répreSSion serrons les rangs - Chantage, trucage, découpage, marchandage... leur terrain : le marais parlementaire, Grèves, usines occupées... revendications, assemblées villageoises...notre terrain, la LUTTE - Agissez, Sabotez, le parlementarisme ! ne votez pas ! leur campagne commence, notre lutte continue - Je participe, tu participes, il participe, nous participons, vous participez...ils profitent - La participation, c’est pour mieux vous croquer mes enfants - A Citroën, les travailleurs balayerontles traîtres et les capitulards - Flins pas Flics - Tous unis camarades jusqu’à la victoire - Renault Flins pilier de grève tient - Les affameurs ne sont pas les grévistes - Les comédiens solidaires des travailleurs pour un théâtre libéré - L’Elysée est pavé de bonnes intentions - Toute la presse est toxique, refusez l’intoxication - La négociation, c’est la ruse - On ne matraque pas l’imagination - “ Quelques slogans de Mai 68 tirés d’un livre : les 500 affiches de Mai 68. Et l’héritage deMai 68 ne serait pas d’actualité ?

Edito N°35- Avril 2008

Mon éditorial de Mars est passé à la trappe. Et pour cause : je me suis engagé de façon conséquente dans la campagne des élections municipales à Roanne. (42) Pas pour être élu mais pour aider l’équipe challenger à gagner les élections. C’est chose faite ! On peut se rendre compte de ce que fût cette campagneici. Que retiens-je d’une expérience que je n’avais jamais vécue ! Qu’il faut en vivre au moins une dans sa vie ! Quelles que soient ses convictions il faut s’engager. Plus que jamais. L’engagement permet de retrouver le sens du collectif, de se ré-interroger sur ce qu’est l’intérêt général. Car on ne s’engage pas pour soi mais pour un projet qui nous dépasse : permettre au hommes et aux femmes d’une cité de mieux vivre ensemble, d’imaginer ensemble, de créer ensemble... de vivre de la façon la plus harmonieuse possible. Il y a une dimension utopique dans cet engagement qu’il s’agit de faire partager. Oui, le moment d’une campagne, du moins tel que je l’ai vécu dans ce territoire, est une recherche de la terra incognita, cette terre inconnue, ce territoire qui n’a pas encore été exploré par l’Homme. Il s’agit de faire en sorte que des hommes et des femmes, appartenant à des familles politiques sauvagement cousines, mais aux intérêts personnels et collectifs divergents- co-construisent ensemble. En effet, à partir d’un socle de valeurs communes quelle vision ont-ils de leur future cité radieuse ? Quels sont les défis qu’il s’agit de relever pour tenter de l’édifier ? Plus encore comment à l’échelle d’un pays imaginer un développement où chacun puisse apporter sa pierre à l’édifice ? Et bien, à ces interrogations, nous avons tenté collectivement d’apporter des réponses. Nous avons donc dessiné les contours de cette terra incognita qu’il va falloir explorer au cours des six prochaines années. Le plus dur reste à faire et à venir ! L’engagement ne fait que commencer !