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Bianco: Royal jouera un "rôle central"
Jean-Louis Bianco, co-directeur de campagne de Ségolène Royal, a déclaré que l'ex-candidate socialiste à la présidentielle entend jouer un "rôle central" dans la rénovation du PS et de la gauche. L'ancien secrétaire général de l'Elysée a affirmé que dans l'intervalle, François Hollande, le premier secrétaire du PS devait conduire la "bataille des législatives" en juin. "Premièrement gagner les législatives et ça c'est le parti rassemblé derrière François Hollande et deuxièmement rénover la politique, rénover la gauche et là Ségolène Royal - je n'en doute pas - aura un rôle central", a-t-il déclaré sur TF1.
LA CHRONIQUE DE JACQUES
JULLIARD
Feu sur le quartier général!
NOUVELOBS.COM | 06.05.2007 | 20:39
Ségolène Royal a sauvé la gauche du désastre mais l archaïsme des
états-majors du Parti socialiste a été le plus fort.
ENCORE BATTUE ! Depuis les débuts de la Vème République (1958), soit
presque un demi-siècle, la Gauche n aura porté à la présidence qu un seul de
ses champions, François Mitterrand, contre cinq à la droite : De Gaulle,
Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy. A la fin du mandat de ce dernier,
en 2012, elle n aura occupé l Elysée que quatorze ans sur cinquante-quatre.
Pourquoi ? Parce qu elle est minoritaire, répondrait M. de La Palice. Mais
pourquoi est-elle minoritaire ?
- Parce qu il y a un écart béant entre les positions de ses chefs et les
aspirations de son électorat.
- Parce que la gauche est trop à gauche pour s élargir vers le centre, seul lieu
où elle pourrait gagner des renforts. En dépit de François Bayrou, le Centre
vient de refluer vers la droite. En dépit de Ségolène Royal, l archaïsme de ses
positions de base a rebuté les centristes.
- Parce que le PS est mené par de grands bourgeois humanistes et
humanitaires qui tendent la main aux exclus par-dessus leur électorat
populaire d ouvriers, d employés, de fonctionnaires et de petits bourgeois. Le
Lumpen plutôt que les prolos !
- Parce que le PS est devenu, pour ces petits bourgeois, synonyme
d alourdissement de la fiscalité et, pour les travailleurs, de stagnation des
salaires à cause des sacrées 35 heures.
- Parce que le programme du PS, élaboré par les plus gauchistes du Parti
avec l aide d économistes et de travailleurs sociaux moralistes, sacrifie
systématiquement la production des richesses à leur répartition. Ce mélange
de christianisme social et de gauchisme altermondialiste constitue un
excellent programme d opposition mais il ne parviendra jamais à rassembler la
majorité des électeurs. Il est fait pour un régime de despotisme éclairé, non de
démocratie d opinion.
Regardons les choses en face. Depuis le début de sa campagne, il a fallu à
Ségolène Royal, pour gagner un minimum de crédibilité, ruser avec les
positions de son parti, les contourner, parfois les contredire, le plus souvent
les édulcorer. Sur la sécurité, les 35 heures, la carte scolaire, les salaires, la
valeur travail, le hiatus entre la princesse du peuple et les cardinaux roses a
été patent. Ségolène ne devait sa désignation qu à l appoint des adhérents à
20 euros qui représentaient une révolte contre la ligne des apparatchiks. Ce
que l on a appelé le flou de ses positions n était que l effet des contradictions
entre le programme de son parti et les aspirations de ses électeurs. Ce
tiraillement permanent l a empêchée de développer un programme cohérent
de social-démocratie à la française.
Depuis 2005, les grandes intelligences du PS n ont cessé de développer des
analyses stupides. Interprétant à tort le non au referendum comme une
poussée de l extrême gauche, alors que ce n était qu une bouffée de
protectionnisme et de nationalisme, une véritable surenchère tint lieu
d organisation du débat dans le parti. On vit Fabius courir derrière Bové, DSK
derrière Fabius, et Hollande derrière DSK, dans une course à la radicalité qui
comprenait la généralisation des 35 heures, la hausse des impôts, la
re-nationalisation provisoire des grandes entreprises, la régularisation de tous
les sans-papiers, et j en passe. On donna l hégémonie intellectuelle sur la
gauche à un faux paysan à moustaches qui, à chaque fois, remettait une
thune dans le bastringue. Tout cela est bien mou, bien insuffisant, clamait-il.
L Attila des OGM vient de se retrouver avec 1,32% des voix parce que les
concierges de l immeuble ont plus de bon sens que les professeurs au
Collège de France, mais le mal est fait.
Et maintenant, quel avenir pour Ségolène Royal ? On ne la remerciera jamais
assez d avoir évité à la gauche l humiliation d une deuxième élimination au
premier tour de la présidentielle. Elle a eu le courage d interrompre une course
suicidaire. Elle s est imposée comme l avenir du parti mais elle y est encore
regardée comme une intruse. Elle n y dispose pas de courant et devra donc,
pour y exister, s entendre... avec François Hollande. Qui, de ce couple
étonnant ou de Dominique Strauss Kahn, conduira la véritable modernisation
du parti, dont le besoin est devenu criant ? Toutes ces questions se poseront
après les législatives, car il s agit d abord d y faire bonne figure et même,
pourquoi pas, de les gagner. Mais il ne sera que temps, ensuite, pour le Parti
socialiste de s engager dans la voie ouverte par sa candidate. Sinon, si rien ne
bouge, tout sera en place pour la prochaine déroute, programmée pour 2012.
J.J.








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