07/04/2009

Edito N°45 Juillet 2009

Faire localement de la politique autrement j’en rêve ! Pourrait-on imaginer, un jour, en France, des citoyens qui s’engagent dans la vie politique sans autres motivations que de servir ? Des citoyens à l’expérience professionnelle confirmée et diversifiée qui apporteraient leurs compétences au développement de leur territoire. Ils se réuniraient autour de valeurs partagées. Ils constitueraient une majorité d’idées et se coaliseraient autour d’un projet. Ils signeraient un engagement entre-eux et devant leurs électeurs selon lequel, après deux mandats, ils céderaient la place à d’autres.  Des élus qui ne pourraient pas cumuler plusieurs mandats. Des élus à plein temps pour celles et ceux qui ont des charges électives lourdes. Des élus pour lesquels l’écoute et la participation citoyenne ne seraient pas des gadgets à agiter lors des campagnes électorales. Des élus qui  pourraient se présenter à d’autres mandats qu’après avoir, pendant cinq ans, retrouvé une expérience professionnelle en dehors des cénacles politiques. Des élus qui intégreraient comme principe d’agir l’évaluation in itinere de leurs actions. Des élus qui placeraient le sens de l’intérêt général et collectif au-dessus de tout. Ce rêve doit devenir réalité. Il y a urgence comme l’écrit Patrick Viveret dans son stimulant ouvrage “pourquoi ça ne va pas plus mal”.   “ l’humanité peut se sauver par la lucidité, la prise de conscience des manipulations dont elle fait l’objet, ou se perdre si elle continue à se laisser égarer par des discours qui n’ont plus de sens. (...) Pour poursuivre leur aventure, utiliser pleinement les potentialités qu’ouvrent les révolutions de l‘intelligence et du vivant en réduisant leurs risques hommes et femmes doivent inventer une autre vision du politique, pleinement écologique,  citoyenne et planétaire, qui placerait le désir d’humanité au coeur de la perpective.”

Je rêve que les élus prennent le temps de lire et de lire encore, Patrick Viveret et bien d’autres. Pour s’obliger à entrer dans la pensée complexe. Mais, je le sais, je rêve !

07/03/2009

Réseau emploi, formation, insertion

Sur le territoire de la conférence des Maires Val de Saône (infra-territoire du Grand Lyon) s'est créé un réseau qui favorise la coordination des acteurs locaux de l'emploi, formation, insertion. Depuis deux ans, cette initiative ne cesse de surprendre. La dynamique ne se dément pas. Plus encore elle ne cesse de se renforcer. Hier, à l'unanimité de ses membres, REVALS (Réseau Emploi du Val de Saône) a été salué comme une initiative indispensable, afin d'améliorer la performance collective des acteurs locaux, pour favoriser l'accès à l'emploi des personnes qui en sont éloignées.
Le Grand Lyon m'a demandé un travail de capitalisation à propos de ces pratiques de réseau. Le travail est achevé et en cours de validation finale.

07/01/2009

Maladies Chroniques

J'étais hier à l'UNA pour participer à un comité de pilotage dans le cadre d'un programme dit : maladies chroniques. Depuis quelques mois, je parcours la France pour aller à la rencontre de soignants d'aides à domicile, de responsables d'établissement qui travaillent auprès de personnes atteintes de maladies chroniques invalidantes. Hier je restituais le résultat de mes investigations. J'ai notamment fait état d'un entretien que j'ai eu avec Thierry (prénom modifié) atteint depuis plusieurs années du SIDA. Témoignage bouleversant qui nous oblige à nous recentrer sur l'essentiel.

Un fragment de ce qu'il m'a dit : "Mes habitudes ont beaucoup changé. Cette maladie, ça change beaucoup en moi. Déjà, il fallait apprendre à vivre avec la maladie. Ça n'a pas été facile. (...) J’ai aussi compris que rien ne sert de pleurer. On ne peut pas changer ce qui est "inéchangeable." Il faut donc accepter. J’ai compris que c’est comme ça. Je peux dire que je suis bien dans ma tête. C’est ce que je dis aux autres."

06/26/2009

Les plus nobles principes ne valent que par l'action

J'ai décidé cette semaine de  tourner une page. Je m'étais engagé avec la nouvelle équipe municipale à Roanne car j'avais accepté d'y entrer au nom d'un principe mis en avant tout au long de la campagne : faire de la politique autrement. Laure Déroche et une partie des élus s'y emploient. Mais l'analyse qui est la mienne, des rapports de force internes, des attitudes, des comportements et des premiers choix  opérés, me conduit à penser qu'ils n'y parviendront pas. Je souhaite très sincèrement me tromper mais ... Comme j'ai passé l'âge de me soumettre, ce que d'ailleurs je n'ai jamais fait, je préfère me démettre et rendre mon tablier.

Biennale de la m@ison à Grigny les 4 et 5 décembre

Le troisième volet de la Biennale de la m@ison à Grigny se tiendra les 4 et 5 décembre 09. La thématique travaillée de depuis 4 ans est : "l'accès pour tous aux TIC : entre illusions et réalités." L'équipe de la m@ison m'a confié une nouvelle AMO sur ce chantier. Le programme est presque calé. Il sera bientôt disponible sur le blog.

06/10/2009

Edito N°43-44 Juin 2009

Le joli mois de Mai est passé trop vite. Je n’ai pas pris le temps d’écrire les quelques lignes qui auraient composé cet éditorial. Mais là, avec le soleil qui se lève et qui éclaire le tilleul, j’ai voulu alimenter ce billet mensuel. L’alimenter en évoquant la mémoire d’une personne dont le rôle dans ma vie a été essentiel. J’avais 17 ans quand j’ai rencontré Jean Barbaza. Je vivais en communauté, à Roanne (42), dans une grande bâtisse qui faisait face au Foyer des Jeunes Travailleurs. Jean en assurait la Direction. Il avait la réputation d’être un homme dur aux positions tranchées. J’étais donc sur mes gardes lorsqu’il m’a apostrophé pour me demander ce que nous faisions dans cette grande maison. Premier contact et début d’une amitié qui ne s’est jamais démentie. Jean était un rebelle, un autodidacte. Il avait travaillé dans le textile, dans la grande distribution alimentaire avant de devenir Directeur du Foyer des Jeunes Travailleurs. De notre rencontre naîtra le Centre Coopératif de Réinsertion par le travail “La Charpente” : une des premières entreprises de réinsertion par le travail de France. Il me laissera accompagner les destinées de “La Charpente” pour prendre la Direction du Centre Pierre Cardinal à la Ville du Puy. Force de la nature à la puissance de travail inégalée, il est entré à l’ENA et est devenu Sous-Préfet. Premier poste en Nouvelle Calédonie dans le cadre des accords Matignon. Puis, d’autres nominations dans différentes Sous-Préfectures de France. Partout où il a été en poste, nous avons travaillé ensemble. Durant six années, l’Institut Régional d’Administration de Bastia dont il assurait la Direction a été son terrain d’expérimentation privilégié. Jean n’était pas dans les normes. Lorsque son contrat est arrivé à son terme, l’Etat ne lui a pas proposé de poste à sa démesure. Il s’est replié dans sa maison de Normandie. Puis, il y a un an, au mois de Juin, il est revenu sur cette terre de Corse qu’il aimait tant pour en finir. C’est son choix. Je le respecte. Mais je ne parviens pas à m’en remettre. Jean Barbaza était un maître.

04/13/2009

Edito N°42 : Avril 2009

Un édito pour saluer un homme courageux. Il y a plusieurs semaines un ami de longue date m’a fait rencontrer le Président du Medef Roannais. Je crois pouvoir écrire que le courant est tout de suite passé entre nous. L’un et l’autre nous avons osé et osons vivre notre vie. Nous n’avons pas toujours réussi ce que nous avons entrepris mais nous avons entrepris. Et, entreprendre est au coeur du sens que nous donnons à nos vies. Plus encore, nous pensons l’un et l’autre qu’il y a une rupture culturelle entre celles et ceux dont le salaire est automatiquement versé le 25 de chaque mois et celles et ceux qui doivent aller le chercher sur le marché. C’est en cela, notamment, que nous sommes l’un et l’autre si prudents à l’encontre des hommes et des femmes politiques ! Et, au-delà de ces accords fondamentaux, je voudrais rendre hommage au coup de gueule qu’il vient de rendre public dans les journaux locaux. En effet ne supportant plus “les excès du grand patronat et les parachutes dorés”, il a souhaité livrer son point de vue. Aussi a-t-il rappelé quelques chiffres que l’on oublie trop vite. 92,97 % des entreprises ont moins de 9 salariés et 95,90 % se situent entre 10 et 49 salariés. Ce patronat-ci n’a rien avoir avec la patronat des entreprises du CAC 40. Patronat qui n’a rien risqué, issu souvent des plus grandes écoles de la République et pour lequel, entreprendre est un terme abstrait ! En moyenne les patrons français gagnent entre 4000 et 4500 euros. Cette rémunération est-elle exagérée ? Et que dire si on la rapporte au nombre d’heures travaillées chaque mois ? Le Président du MEDEF local a publié sa fiche de paye : il perçoit 2632 euros par mois ! Cette rémunération est-elle exagérée ? Certes, les esprits chagrins mettront en avant que l’entreprise elle-même représente un capital dont il bénéficiera à son départ, s’il parvient à la céder. Oui et alors ? N’est-ce pas le juste retour lorsque l’on ose entreprendre ? Le débat n’est pas clos ! Bernard Gabert : chapeau bas pour ce que vous avez osé dire !

03/17/2009

Baobab des saveurs

Il y a maintenant cinq ans j'ai réalisé, à la demande de la Direction Régionale de la Formation Professionnelle, une étude pour évaluer les projets de création d'entreprise de personnes migrantes. J'ai été conduit à me rendre dans de nombreux pays africains. J'y ai rencontré de jeunes créateurs que j'ai aidés en entrant au capital de leur entreprise. Ils sont au Sénégal et ont créé baobab des saveurs Je voulais rendre hommage à Pierre Gilles Commeat et Mama Gueye qui ont osé se lancer dans l'aventure de la création d'entreprise au Sénégal.

Un an déjà

Voici un an le 16 Mars, la liste conduite par Laure Deroche, Roanne pour tous arrivait en tête aux élections municipales. Une espérance s'était manifestée, exprimée par une liesse populaire rare dans les annales de la vie politique locale. Qu'en est-il de cette espérance un an après ? Et vis-à-vis du Grand Roanne ? Tout un travail de préparation avait été réalisé, une dynamique engagée devait redonner du souffle à un territoire qui en a tant besoin. Qu'en est-il un an après ? Il serait intéressant de réunir celles et ceux qui s'étaient engagés pour soutenir ces deux démarches afin de faire une sorte d'évaluation in itinere. Il en avait été question lors de la campagne. Mais, les élus, de quelque bord soient-ils sont frileux. Les idéaux sont bien vite sacrifiés sur l'autel des ambitions. Ainsi soit-il !

Edito N°41 - Novembre 08

5 mois que je n’ai pas écrit d’édito ! 5 mois que je n’ai pas publié de billet sur mon blog ! Etais-je aussi occupé que cela pour ne pas trouver le temps de coucher sur ces pages virtuelles quelques banalités ? Des banalités pour faire vivre un site. C’est sans doute le printemps qui m’a réveillé. Il m’a sorti de ma torpeur hivernale ! Pourtant, j’aurais eu matière à poster quelques billets, à écrire des éditos. Raconter l’avancée d’un projet à Madagascar où je me rends toutes les sept semaines. Faire état de la dernière mission où nous fûmes consignés dans un hôtel proche de l’aéroport afin d’être évacués au cas où ! Tenter d’apporter des éléments de compréhension de la révolte des malgaches à l’encontre de leur Président. Comment, en effet, alors qu’une grande partie de la population vit avec moins d’un dollar par jour, justifier de l’achat d’un jet présidentiel à 500 millions de dollars ? Comment justifier l’expropriation de milliers de paysans pour céder les terres à une grande entreprise Coréenne ? Comment justifier que les proches du Président se goinfrent en accumulant sans cesse plus de richesses ? La révolte malgache est la révolte des affamés. Ce type de révolte balaye tout sur son passage. La raison n’est plus de mise lorsque le ventre crie famine. Alors, oui, Madagascar c’est loin, très loin de nos préoccupations quotidiennes. Et pourtant ! J’ai eu l’occasion ces dernières semaines d’écouter ce que vivent les salariés des entreprises Roannaises. Et, j’ai été surpris par la convergence des points de vue. Au-delà de leurs obédiences et églises, tous évoquent des situations de grande précarité financière. Précarité qui s’exprime par le découvert bancaire à la fin du mois, voire dès le 15 du mois. Mais comment peut-il en être autrement lorsque le salaire mensuel est amputé de 200 ou de 300 euros ? Alors oui, en France comme à Madagascar la colère gronde. Et, lorsque les ventres sont affamés, tout peut arriver !