Edito N°45 Juillet 2009
Faire localement de la politique autrement j’en rêve ! Pourrait-on imaginer, un jour, en France, des citoyens qui s’engagent dans la vie politique sans autres motivations que de servir ? Des citoyens à l’expérience professionnelle confirmée et diversifiée qui apporteraient leurs compétences au développement de leur territoire. Ils se réuniraient autour de valeurs partagées. Ils constitueraient une majorité d’idées et se coaliseraient autour d’un projet. Ils signeraient un engagement entre-eux et devant leurs électeurs selon lequel, après deux mandats, ils céderaient la place à d’autres. Des élus qui ne pourraient pas cumuler plusieurs mandats. Des élus à plein temps pour celles et ceux qui ont des charges électives lourdes. Des élus pour lesquels l’écoute et la participation citoyenne ne seraient pas des gadgets à agiter lors des campagnes électorales. Des élus qui pourraient se présenter à d’autres mandats qu’après avoir, pendant cinq ans, retrouvé une expérience professionnelle en dehors des cénacles politiques. Des élus qui intégreraient comme principe d’agir l’évaluation in itinere de leurs actions. Des élus qui placeraient le sens de l’intérêt général et collectif au-dessus de tout. Ce rêve doit devenir réalité. Il y a urgence comme l’écrit Patrick Viveret dans son stimulant ouvrage “pourquoi ça ne va pas plus mal”. “ l’humanité peut se sauver par la lucidité, la prise de conscience des manipulations dont elle fait l’objet, ou se perdre si elle continue à se laisser égarer par des discours qui n’ont plus de sens. (...) Pour poursuivre leur aventure, utiliser pleinement les potentialités qu’ouvrent les révolutions de l‘intelligence et du vivant en réduisant leurs risques hommes et femmes doivent inventer une autre vision du politique, pleinement écologique, citoyenne et planétaire, qui placerait le désir d’humanité au coeur de la perpective.”
Je rêve que les élus prennent le temps de lire et de lire encore, Patrick Viveret et bien d’autres. Pour s’obliger à entrer dans la pensée complexe. Mais, je le sais, je rêve !
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